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	Commentaires sur : PRESSE &#8211; Autopsie d&#8217;un accident du travail	</title>
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	<description>Intérimaires, embauché(e)s, indépendant(e)s : lutte, entraide, partage d&#039;infos et témoignages</description>
	<lastBuildDate>Wed, 25 May 2022 10:22:57 +0000</lastBuildDate>
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		<title>
		Par : lucile		</title>
		<link>https://cordistesencolere.fr/2022/04/27/presse-autopsie-dun-accident-du-travail/#comment-47</link>

		<dc:creator><![CDATA[lucile]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 May 2022 10:22:57 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Sidération.
Écœurement, une nausée qui dans un premier temps submerge toute colère, noyant toute réactivité.
Dans un premier temps seulement, si l&#039;on fait l&#039;effort de ne pas mettre un article sous le tapis après l&#039;avoir lu.
Sentiment très lourd d&#039;impuissance. Ne sommes-nous des humains que pour vivre le destin d&#039;un Lego, &quot;comme un lego avec des dents, comme un lego avec des mains, [...] comme un lego mais sans mémoire, [...] comme un insecte mais sur le dos ?&quot; Manset, chanté par Bashung. &quot;Voyez-vous ces êtres vivants ?&quot;, question sans autre réponse que son propre écho, posée comme un cri de détresse dans un couloir vide et qui se répercute sur des murs nus et des portes fermées.
Elle vous est posée, à vous, les patrons, les employeurs. À vous qui vous taisez parce que le silence, lorsqu&#039;on peut comme vous mettre la justice à genoux devant vous en lui balançant vos floppée d&#039;avocats d&#039;affaires grassement payés pour entretenir le mépris, est  élevé chez vous au rang de haute valeur et de gilet pare-balles. C&#039;est votre signature.
Est-ce vous qui choisissez de vous taire ? Est-ce le langage qui se dérobe, impuissant lui-même à atteindre votre raison ? Est-ce le symptôme d&#039;une carence lourde en humanité, pathologie qui paradoxalement vous permet de vous porter parfaitement bien dans l&#039;exercice de vos fonctions ?
&quot;Quelqu&#039;un a inventé ce jeu, terrible, cruel, captivant&quot;, chante Bashung d&#039;une voix d&#039;outre-tombe, une voix qui englobe l&#039;humanité tout entière et s&#039;écoute avec la chair.
Constat sans appel donc : impuissance.
Pire que tout : absence de toute reconnaissance.
Quand on lit un article tel que celui-ci on reçoit notre part de responsabilité à porter, parce qu&#039;au même titre que les victimes et, si inconfortable cela soit-il, au même titre que les machines à broyer que sont les patrons et les personnes dites &quot;morales&quot; que sont les entreprises (&quot;personnes morales&quot;... putain, ce qu&#039;il faut pas écrire...), on appartient à la même et vaste humanité. Alors, que faire ? Peut-être éprouver nous-même l&#039;empathie qui n&#039;émane jamais des coupables. L&#039;empathie, pas comme un vain mot, pas comme une larmoyante compassion, mais comme réaction. Comme une preuve que savoir ne nous laisse pas indifférent, que l&#039;impuissance à agir n&#039;entrave pas notre capacité à ressentir. Parce qu&#039;être informé nous enrichit autant que cela peut nous faire mal, et peut induire en nous un état latent de vigilance. On sait, on a lu, on ne peut plus faire comme si ces mots ne nous étaient pas parvenus. On est atteint de connaissance de cause. Plus nous serons nombreux à connaître la cause, plus nous serons potentiellement dangereux pour les tout-puissants, ceux qui comptent sur le silence pour continuer à broyer des vies sans impunité.
Et pour certains, pour un petit nombre, l&#039;action est possible. Celle menée par l&#039;auteur de l&#039;article, qui se démène, ne se décourage pas devant la première, la troisième, la dixième porte close, le centième message sans réponse. À croire que l&#039;inamovible mépris des assassins et de la justice nourrit sa colère. Voilà ce que vous suscitez, patrons sans scrupules : la rage. Méfiez-vous, contrairement à un non-lieu ou à une condamnation ridiculement disproportionnée aux drames que vous générez, la rage ne devient pas une affaire classée. Chacune de vos inhumanités l&#039;attise, en croyant entretenir le silence vous attisez la vigilance.
Peu à peu les choses se savent, les procès sont portés à la connaissance du plus grand nombre possible, grâce à des gens comme Eric - et d&#039;autres comparses de son entourage - à qui vous fournissez l&#039;énergie de se battre en croyant la casser par votre arrogance.
Notre part de responsabilité, en lisant ce texte, est de le transmettre, de faire savoir, de ne pas fermer les yeux, de ne pas se taire. Pense-t-on que c&#039;est en vain ? Ça l&#039;est peut-être, dans un temps court notre implication humaine ne changera rien à l&#039;affaire (&quot;quand on est con...&quot;). Mais à plus long terme, au fil des procès et au fil des mots criés dans des porte-voix devant des bâtiments sourds, avec le nombre grandissant des gens informés et peut-être des informateurs eux-mêmes, peu à peu la fissure advient. Les murs se fendillent, les paroles entrent dans la conscience globale. C&#039;est comme ça que les choses s&#039;ébranlent et changent, progressivement mais inexorablement.
Que les patrons se brûlent la langue un jour en avalant une gorgée de café trop chaud et qu&#039;il pensent, à ce moment-là, au calvaire incommensurablement plus dur que peut constituer la véritable brûlure. La souffrance. Celle du corps ravagé. Celle que des mois de reconstruction n&#039;effaceront jamais.
Qu&#039;à ce moment-là le café leur paraisse dégueulasse et que pour autant ils se refusent à y verser une dosette de sucre Daddy pour en changer le goût, au risque de s&#039;empoisonner dans leurs prochains cauchemars.
Ce n&#039;est pas souhaiter la souffrance des coupables, c&#039;est vouloir qu&#039;ils aient en permanence la conscience de leur responsabilité. Vouloir que l&#039;idée les effleure : indirectement, par machines et sous-traitance interposées, j&#039;ai brûlé des hommes. Indirectement, par l&#039;attention portée au profit plus qu&#039;à la sécurité, j&#039;en ai tué d&#039;autres. Ne pas leur souhaiter le même sort n&#039;empêche pas d&#039;espérer que plus jamais ils ne soient tranquilles.
Merci à ceux qui agissent, qui se déplacent, qui cherchent des contacts, mènent des démarches à leur terme, vont jusqu&#039;au bout des moyens dont ils disposent et en inventent de nouveaux en cas d&#039;impasse. C&#039;est un baume sur une brûlure. Un soin, un secours non négligeables. Et la possibilité pour nous tous de savoir, pour peu qu&#039;on le veuille bien.
Et d&#039;adresser aux victimes la plus belle part de notre humanité, la ce qu&#039;il y a en nous de plus sincère, de plus humain, de plus apte à aimer, pour combler la plaie creusée par le respect auquel ils n&#039;ont pas eu droit au fil des procédures et des procès.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Sidération.<br />
Écœurement, une nausée qui dans un premier temps submerge toute colère, noyant toute réactivité.<br />
Dans un premier temps seulement, si l&rsquo;on fait l&rsquo;effort de ne pas mettre un article sous le tapis après l&rsquo;avoir lu.<br />
Sentiment très lourd d&rsquo;impuissance. Ne sommes-nous des humains que pour vivre le destin d&rsquo;un Lego, « comme un lego avec des dents, comme un lego avec des mains, [&#8230;] comme un lego mais sans mémoire, [&#8230;] comme un insecte mais sur le dos ? » Manset, chanté par Bashung. « Voyez-vous ces êtres vivants ? », question sans autre réponse que son propre écho, posée comme un cri de détresse dans un couloir vide et qui se répercute sur des murs nus et des portes fermées.<br />
Elle vous est posée, à vous, les patrons, les employeurs. À vous qui vous taisez parce que le silence, lorsqu&rsquo;on peut comme vous mettre la justice à genoux devant vous en lui balançant vos floppée d&rsquo;avocats d&rsquo;affaires grassement payés pour entretenir le mépris, est  élevé chez vous au rang de haute valeur et de gilet pare-balles. C&rsquo;est votre signature.<br />
Est-ce vous qui choisissez de vous taire ? Est-ce le langage qui se dérobe, impuissant lui-même à atteindre votre raison ? Est-ce le symptôme d&rsquo;une carence lourde en humanité, pathologie qui paradoxalement vous permet de vous porter parfaitement bien dans l&rsquo;exercice de vos fonctions ?<br />
« Quelqu&rsquo;un a inventé ce jeu, terrible, cruel, captivant », chante Bashung d&rsquo;une voix d&rsquo;outre-tombe, une voix qui englobe l&rsquo;humanité tout entière et s&rsquo;écoute avec la chair.<br />
Constat sans appel donc : impuissance.<br />
Pire que tout : absence de toute reconnaissance.<br />
Quand on lit un article tel que celui-ci on reçoit notre part de responsabilité à porter, parce qu&rsquo;au même titre que les victimes et, si inconfortable cela soit-il, au même titre que les machines à broyer que sont les patrons et les personnes dites « morales » que sont les entreprises (« personnes morales »&#8230; putain, ce qu&rsquo;il faut pas écrire&#8230;), on appartient à la même et vaste humanité. Alors, que faire ? Peut-être éprouver nous-même l&#8217;empathie qui n&rsquo;émane jamais des coupables. L&#8217;empathie, pas comme un vain mot, pas comme une larmoyante compassion, mais comme réaction. Comme une preuve que savoir ne nous laisse pas indifférent, que l&rsquo;impuissance à agir n&rsquo;entrave pas notre capacité à ressentir. Parce qu&rsquo;être informé nous enrichit autant que cela peut nous faire mal, et peut induire en nous un état latent de vigilance. On sait, on a lu, on ne peut plus faire comme si ces mots ne nous étaient pas parvenus. On est atteint de connaissance de cause. Plus nous serons nombreux à connaître la cause, plus nous serons potentiellement dangereux pour les tout-puissants, ceux qui comptent sur le silence pour continuer à broyer des vies sans impunité.<br />
Et pour certains, pour un petit nombre, l&rsquo;action est possible. Celle menée par l&rsquo;auteur de l&rsquo;article, qui se démène, ne se décourage pas devant la première, la troisième, la dixième porte close, le centième message sans réponse. À croire que l&rsquo;inamovible mépris des assassins et de la justice nourrit sa colère. Voilà ce que vous suscitez, patrons sans scrupules : la rage. Méfiez-vous, contrairement à un non-lieu ou à une condamnation ridiculement disproportionnée aux drames que vous générez, la rage ne devient pas une affaire classée. Chacune de vos inhumanités l&rsquo;attise, en croyant entretenir le silence vous attisez la vigilance.<br />
Peu à peu les choses se savent, les procès sont portés à la connaissance du plus grand nombre possible, grâce à des gens comme Eric &#8211; et d&rsquo;autres comparses de son entourage &#8211; à qui vous fournissez l&rsquo;énergie de se battre en croyant la casser par votre arrogance.<br />
Notre part de responsabilité, en lisant ce texte, est de le transmettre, de faire savoir, de ne pas fermer les yeux, de ne pas se taire. Pense-t-on que c&rsquo;est en vain ? Ça l&rsquo;est peut-être, dans un temps court notre implication humaine ne changera rien à l&rsquo;affaire (« quand on est con&#8230; »). Mais à plus long terme, au fil des procès et au fil des mots criés dans des porte-voix devant des bâtiments sourds, avec le nombre grandissant des gens informés et peut-être des informateurs eux-mêmes, peu à peu la fissure advient. Les murs se fendillent, les paroles entrent dans la conscience globale. C&rsquo;est comme ça que les choses s&rsquo;ébranlent et changent, progressivement mais inexorablement.<br />
Que les patrons se brûlent la langue un jour en avalant une gorgée de café trop chaud et qu&rsquo;il pensent, à ce moment-là, au calvaire incommensurablement plus dur que peut constituer la véritable brûlure. La souffrance. Celle du corps ravagé. Celle que des mois de reconstruction n&rsquo;effaceront jamais.<br />
Qu&rsquo;à ce moment-là le café leur paraisse dégueulasse et que pour autant ils se refusent à y verser une dosette de sucre Daddy pour en changer le goût, au risque de s&#8217;empoisonner dans leurs prochains cauchemars.<br />
Ce n&rsquo;est pas souhaiter la souffrance des coupables, c&rsquo;est vouloir qu&rsquo;ils aient en permanence la conscience de leur responsabilité. Vouloir que l&rsquo;idée les effleure : indirectement, par machines et sous-traitance interposées, j&rsquo;ai brûlé des hommes. Indirectement, par l&rsquo;attention portée au profit plus qu&rsquo;à la sécurité, j&rsquo;en ai tué d&rsquo;autres. Ne pas leur souhaiter le même sort n&#8217;empêche pas d&rsquo;espérer que plus jamais ils ne soient tranquilles.<br />
Merci à ceux qui agissent, qui se déplacent, qui cherchent des contacts, mènent des démarches à leur terme, vont jusqu&rsquo;au bout des moyens dont ils disposent et en inventent de nouveaux en cas d&rsquo;impasse. C&rsquo;est un baume sur une brûlure. Un soin, un secours non négligeables. Et la possibilité pour nous tous de savoir, pour peu qu&rsquo;on le veuille bien.<br />
Et d&rsquo;adresser aux victimes la plus belle part de notre humanité, la ce qu&rsquo;il y a en nous de plus sincère, de plus humain, de plus apte à aimer, pour combler la plaie creusée par le respect auquel ils n&rsquo;ont pas eu droit au fil des procédures et des procès.</p>
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