PRESSE – Benjamin, Yassine, Moussa… Morts du travail : le recensement 2022

Chaque année Matthieu Lépine épluche l’ensemble de la presse locale pour faire ressortir les brèves évoquant les accidents du travail. Chacune d’entre elles sont alors relayées sur la page Accident du travail : silence, des ouvriers meurent.

Ci-dessous un bilan de ce recensement 2022.

Encore une fois le BTP en ressort tristement comme le secteur faisant le plus de victimes au travail, avec pour causes principales les chutes et effondrement de charges.


CAGNOTTE – Solidarité avec la famille de Sébastien

Les obsèques de Sébastien auront lieu LUNDI 16 JANVIER à 10h en la Paroisse de LAGORD (17140).
Ses amis, proches et collègues sont invités à venir lui rendre un dernier hommage. Les mots, pensées, condoléances à la famille pourront être déposés le jour même dans une urne prévue à cet effet.


CAGNOTTE – Solidarité avec la famille de Sébastien

Mardi 3 janvier 2023, Sébastien, un collègue cordiste, a perdu la vie sur un chantier.
Un de plus, un de trop.
Jamais nous ne pourrons nous habituer à apprendre ce genre de nouvelle, pourtant devenue bien trop fréquente dans le monde ouvrier, et chez les cordistes en particulier.

Sébastien travaillait ce jour-là sur le site de la verrerie girondine O-I, à Vayres.
Nouvelle mission intérim, nouvelle entreprise.
Il venait d’attaquer sur ce nouveau chantier, lorsqu’il a traversé le toit.
Une chute de 20 mètres qui lui ôtera la vie.
Sébastien avait 43 ans. Derrière lui, toute une famille plongée dans la douleur.

D’un chantier à l’autre, Sébastien bourlinguait comme c’est le lot de beaucoup de cordistes intérimaires. Connu de nombre d’entre nous, il était toujours apprécié.


Un de ses collègues proche s’en souvient ainsi :
« Toujours la bonne humeur, le sourire, il aimait son travail et les relations humaines. Blagueur, enfin un mec entier. Toujours soucieux de la sécurité. Tellement de soirées à parler, partager. Grand cœur généreux et j’en passe… »

Collègues de travail, ou seulement cordistes touchés par cette triste nouvelle, nous tous, venons présenter nos condoléances et transmettre nos pensées à sa famille et à ses proches.
Nous avons également une pensée pour les collègues de la verrerie O-I et ceux de la société Keafer Wanner, premiers témoins du drame.
En guise de geste et de solidarité, nous lançons une collecte. Une cagnotte pour soutenir la famille de Sébastien dans cette dure épreuve, pour les aider dans leur vie bouleversée, pour nous montrer solidaires dans la détresse d’avoir perdu un être cher.
Par cette cagnotte nous voulons proposer une manière de témoigner notre compassion auprès de celles et ceux qui le pleurent. Tous les fonds seront reversés à la famille de Sébastien.

Fraternellement,
des travailleurs solidaires, unis dans la volonté qu’un tel drame ne se reproduise plus.

PS : N’hésitez pas à laisser vos messages de soutien lors de votre participation.


Pour participer à la cagnotte :
https://www.leetchi.com/c/solidarite-pour-la-famille-de-sebastien

SÉBASTIEN – Gironde : une enquête ouverte après la mort d’un ouvrier tué dans une chute de 20 mètres à Vayres

Hier après-midi, Sébastien Gibouin, un collègue cordiste a perdu la vie au travail. Il a chuté au travers d’un toit alors qu’il travaillait sur le site de la verrerie O-I de Vayres dans le Nord-Gironde.
Sébastien avait 43 ans.
Un nouveau drame pour notre profession si durement touchée.
Un bien triste début d’année.

Dans cette terrible épreuve, toutes nos pensées et notre soutien vont à sa famille, à ses collègues, à ses proches.


Article paru le 04/01/2023 dans Sud-Ouest

L’accident du travail est survenu alors que l’employé de 43 ans effectuait des travaux de désamiantage, mardi 3 janvier

Les investigations, confiées aux gendarmes de la compagnie de Libourne, se poursuivent ce mercredi 4 janvier après un accident du travail mortel, survenu mardi sur le site de la verrerie O-I de Vayres Nord-Gironde. Un drone télé piloté par un enquêteur spécialisé doit notamment survoler le site et particulièrement le toit pour des constatations aériennes.

Mardi 3 janvier en début d’après-midi, un ouvrier qui travaillait, pour le compte d’une société extérieure, au désamiantage et à la rénovation de la toiture du site industriel, qui produit plusieurs centaines de millions de bouteilles chaque année, a fait une chute de près de 20 mètres.

Selon les premiers éléments, il serait passé à travers une partie de toit en Plexiglas. Les pompiers appelés à son secours n’ont pu que constater le décès de cet homme de 43 ans.

À ce stade, l’entreprise ne peut fournir davantage d’informations. « Un protocole d’urgence a été mis en place, mardi 3 janvier, sur notre site de O-I Vayres, en réponse à un décès impliquant un sous-traitant », explique la responsable de communication de O-I France. « Nous travaillons en étroite collaboration avec l’employeur du sous-traitant et les autorités locales. Dans le cadre du protocole d’urgence, l’entreprise met en place un soutien aux salariés sur le site. Le travail dans cette zone a été suspendu jusqu’à nouvel ordre. Nous adressons nos plus sincères condoléances à la famille et ses collègues en cette période difficile. »

PRESSE – L’action syndicale a t’elle sa place sur le chantier de la Tour Eiffel ?

Paru sur Le Club Médiapart, 22 décembre 2022

Discrimination à la Tour Eiffel

Fabien, lorsqu’on le sollicite pour revenir travailler sur la 20ème campagne de peinture de la Tour, n’hésite pas longtemps, à l’aune de son expérience passée. Pendant la formation plomb, un simple SMS met fin, avant même qu’elle ne commence, à une période de travail sûre de deux mois. Une éternité, dans le milieu des cordistes où la norme, c’est le contrat d’une semaine renouvelable à l’infini..

Ce lundi 14 novembre 2022, Fabien revient à la Tour Eiffel.

Revient, parce qu’il y a déjà bossé. En tant que cordiste. A l’occasion de la 20ème campagne de peinture.

Environ tous les 7 ans, la vieille dame métallique plus que centenaire reçoit sa petite cure de jouvence. D’autant que bientôt, les yeux et les caméras du monde entier seront braqués sur Paris. Hors de question de montrer un tas de ferraille bouffé de rouille à l’occasion des Jeux Olympiques d’été de 2024 !

Alors, depuis 2019, des équipes se succèdent, pinceau en main. Mais avant la caresse des pinceaux, c’est le fracas des marteaux. Les éléments se corrodent. Les anciennes peintures cloquent. Il faut assainir avant d’appliquer la peinture.

Et au cœur des couches de peintures les plus anciennes, du plomb. Que les ouvriers écaillent. Libérant ainsi de volatiles poussières de plomb sur la capitale. A 200 ou 300 mètres de haut, on n’ose imaginer la portée de ces particules poussées par un vent taquin…

Et que dire des sorties scolaires organisées sur la Tour, dont les gosses mangeaient leur pique-nique, assis par terre, les mains traînant sur le sol contaminé.

A tel point que les médias s’étaient déjà alarmés de ce scandale sanitaire.

Avec l’incendie de Notre Dame en 2019, les parisiens ont plus de chance de choper le saturnisme que de trouver un Vélib en état de rouler.

Les ouvriers sont évidemment en première ligne. Au moins eux portent des protections adéquates.

Ce n’a pas toujours été le cas. En 2020, Fabien, alors en poste sur le monument, avait listé, avec son équipe les carences en terme de protection :

● Cartouches filtrantes non conformes, et au surplus non renouvelées dans les temps.
● Combinaison de travail non-conformes.
● Absence de formation et d’information sur les tâches à accomplir.
● Mode opératoire d’évolution sur la structure non fourni.
● Absence de procédure claire en cas de survenance d’un accident.
● Absence d’encadrants détenteurs du CQP niveau 2.
●Différence de traitement salarial entre les salariés titulaires et les intérimaires.
● Non respect des temps de vacation régissant le port du masque.
● Manque d’équipements.
● Absence de fiches de suivi des EPI. (Équipement de protection individuelle)
● Non respect des règles conventionnelles pour tous les jours de repos en situation de grand déplacement (calendaire, voyage périodique).
● Modification très régulière des protocoles et des horaires des ouvriers

Une fronde avait été menée afin d’obtenir des conditions de travail conformes aux standards en vigueur.

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PARIS – 13/12/2022 – Entretien à la DGT, réunion cordistes au Zokalo et virée dans les catacombes

Entretien à la DGT – Début d’une série de consultations au sein de la profession 

Le mardi 13 décembre, nous étions invités à la Direction Générale du Travail. (DGT.)
Pour rappel, le ministère du travail dévoilait en début d’année son Plan Santé 4.
Ce document mettait en exergue la grande attention des autorités au sujet des travaux sur cordes. La déclaration d’intention était belle. Mais nous ne nous payons pas de mots.
Alors nous avons soumis aux services concernés une batterie de questions concrètes.

C’est ainsi que nous recevions en décembre une invitation à venir faire valoir nos revendications.

Gilbert De Stefano, chef du bureau des équipements et des lieux de travail (CT3) et Lucie Mediavilla, chargée de mission, nous ont accueillis à la Sous-direction des conditions de travail, au sein de la DGT.

Julien Rivollet, Stéphane Duchère, Grégory Molina, Charles Lanza et Eric Louis composaient la délégation représentant l’association.

Crédit photo : Stéphane Marcault

Pendant deux heures, nous avons eu la liberté d’exposer les problématiques que nous rencontrons dans le métier.
Dans les semaines qui viennent, seront également reçus d’autres acteurs de la profession. France Travaux sur Cordes, l’OPPBTP, l’INRS, l’IRATA.

Et dès le début de l’année 2023, nous nous retrouverons tous autour de la table, à la DGT, afin de continuer à creuser les sujets évoqués. Nous ne manquerons pas de donner plus de précisions une fois les sujets de discussions clairement définis.

C’est une grande satisfaction de voir que nous serons intégrés aux négociations à venir. Le travail que nous effectuons sans relâche depuis maintenant 4 ans n’y est sans doute pas étranger. Nous aurons à cœur de faire évoluer les conditions d’exercice des travailleurs cordistes.

Crédit photo : Stéphane Marcault

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JÉRÔME – Un cordiste en activité décède après une chute de plus de 300 mètres

Jérôme AUBERT, un collègue cordiste, a perdu la vie au travail ce mercredi.
Dans cette terrible épreuve, toutes nos pensées et notre soutien vont à sa famille, à ses collègues, à ses proches.

Article paru dans le Dauphiné Libéré, le 27/11/2022

Ce mercredi 26 octobre, un cordiste de 40 ans a trouvé la mort sur la commune de Queige, alors qu’il était en intervention pour effectuer des travaux de purge rocheuse.

Alors que trois cordistes de la société iséroise Hydrokarst effectuaient des travaux de purge rocheuse sur une falaise située à 1 300 m d’altitude, en amont du ruisseau du Nant Bruyant, pour préparer une quatrième prise d’eau de captation pour alimenter la microcentrale des communes de Queige et Villard-sur-Doron, un des intervenants a fait une chute mortelle suite à un dérochement.

Une intervention nécessaire pour connecter une 4e prise d’eau

« Il y a deux ans, nous avions inauguré notre microcentrale hydraulique, gérée par la société SUMATEL. Alimentée par trois prises d’eau, la société Hydrokarst a été sollicitée pour effectuer les travaux préparatoires de la 4e prise d’eau, située au ruisseau du Nant Bruyant », déclare Édouard Meunier, maire de Queige. Ce projet de microcentrale alimente en électricité plus de 4 500 habitants du Beaufortain.

Le maire se dit « profondément attristé par le dramatique accident qui s’est déroulé sur ce chantier préparatoire », ce 26 octobre aux alentours de 15 h.

Il précise que la société Hydrokarst est spécialisée dans ce genre de travaux risqués et complexes, mais aussi qu’elle est l’une des meilleures. L’ouvrier a trouvé la mort vraisemblablement suite à un dérochement conséquent. « Les trois cordistes étaient arrimés à la falaise à distance séparée. Mais visiblement, des dizaines de mètre cube de roche se sont détachées de la paroi sur laquelle un des cordistes était sécurisé. Ses collègues très choqués l’ont vu chuter de plusieurs mètres, il est mort sur le coup », raconte le maire. D’ailleurs, c’est la CRS de Modane qui a été mobilisée en urgence, mais qui n’a pu que constater le décès.

Une enquête ouverte en cosaisine

« À ce jour, une enquête est ouverte en cosaisine entre la CRS Alpes et l’inspection du travail, car même s’il est fortement probable que l’accident ait été causé par un dérochement, l’homme a fait une chute conséquente de plus de 300 mètres et nous devons définir les vraies causes et circonstances du drame », déclare Anne Gaches, Procureure d’Albertville.