On est les empêcheurs de tourner en rond. Mais oui vous savez, les casses pieds qui bataillent pour travailler en sécurité, pour faire respecter nos droits (salaires, indemnités, montée en compétences…), pour avoir plus de considérations au boulot, pour avoir ne serait-ce que le droit de s’exprimer sur nos conditions de travail sans risquer de se faire virer comme des merdes (en intérim comme en CDI, les cas ne font que se multiplier), pour créer une réglementation qui nous prends vraiment en compte nous cordistes, …
Et voilà, nous y sommes. Les 14 et 15 février 2026 se tiendra l’assemblée annuelle des ouvrières et ouvriers cordistes. Et cette année, c’est à Marseille que ça se passe ! Ok, mais il va se passer quoi ?
Et ben, tout un programme finement concocté et rythmé de bilans des récentes luttes et actualités du métier, de réflexions pour nos batailles de demain, de moments d’autoformation, de rencontres entre cordistes de tous horizons débutants comme vétérans, mais également avec d’autres collègues du BTP, en lutte eux aussi.
Quelles sont les grandes lignes des nombreuses évolutions réglementaires à venir dans les travaux sur cordes ? Quels changements pour les salariés, pour les indépendants ? Quelles ont été les batailles collectives menées par certains collègues en 2025 ? Quels sont les enjeux des nombreuses procédures judiciaires soutenues et suivies par l’association et le syndicat de cordistes ? Quels outils collectifs seraient à créer, améliorer, pérenniser ? Autant de questions que ce week-end nous permettra d’aborder ensemble pour poursuivre cette aventure hautement nécessaire.
Car, aimée ou redoutée, il ne fait plus de doute que l’association Cordistes en colère cordistes solidaires est aujourd’hui actrice incontournable d’une profession trop longtemps bercée que de discours patronaux. Aujourd’hui, la voix de celles et ceux qui suent sur les chantier est entendue, et même attendue. Remplaçant peu à peu les aliénants discours de croissance et de dépassement de soi, par le concret des nécessaires améliorations de nos conditions de travail. Chaque jour, au travers de chaque lutte, se confirme l’évidence souvent oubliée que c’est à plusieurs qu’on est plus est plus fort-es. Mais chaque jours aussi, ce sont les règles impitoyables du monde du travail qui se rappellent à nous. Les sanctions, licenciements, black-listages de celles et ceux qui osent parler et contester. La chape de plomb progressivement imposée par la saturation du marché. Notamment pour nos collègues débutants qui pour trouver du taf doivent se plier à toutes les injonctions. Et puis, encore et toujours, les accidents, souvent graves et immanquablement mortels année après année.
Donc pas de repos sur nos lauriers. Ce n’est pas une ou des étapes qui seraient à franchir, mais toute une culture ouvrière faite de lutte et de solidarité qui est à alimenter et construire au quotidien.
Et ce qu’on oubli au milieu de tout ça, c’est que la lutte c’est pas que chiant et éreintant. La lutte collective, c’est avant tout des moments de joie et de furieuses rigolades. Et ça, on en a jamais assez !
Bientôt en 2026, bientôt le moment de se retrouver pour faire un bilan de nos luttes en cours, pour se renforcer mutuellement et pour échafauder la suite ensemble!
Et oui, la week-end de rencontre 2026 des ouvrières et ouvriers cordistes approche à grands pas ! Cette prochaine édition aura lieu les 14 et 15 février 2026 à Marseille. La plupart des activités se dérouleront au centre social autogéré LA DAR (127 rue d’Aubagne, 13006 Marseille).
Le programme du week-en est encore en cours d’élaboration, mais d’ores et déjà vous pouvez bloquer la date dans vos agendas et vous inscrire via ce lien (inscription nécessaire pour dimensionner l’hébergement et les repas) : https://forms.gle/fQf5L8veaz1Z3KHr9
En ce début d’année très chargée pour l’association, on vous propose une petite soirée d’échange et de discussions ! Pour la première fois, on intervient dans les Hautes Alpes pour se rencontrer entre cordistes qui habitent ou qui travaillent dans le coin. On se retrouve le 8 novembre au café associatif le Blaisance à Tresscleoux.
Au programme : – 18h venez discuter de vos conditions de travail, – 19h30 repas ouvert à toutes et à tous, – 20h15 projection du film « Cordiste une professions mortel » suivie d’un échange sur les accidents de travail.
On vous attend nombreux et nombreuses le 8 novembre au Blaisance. Si tu connais un.e cordiste dans le coin, transmets lui le message pour venir nous rencontrer !
Le 30 mars 2023, une explosion détruit une partie du haut-fourneau n°4 du site d’Arcelor Mittal de Dunkerque. Suite à ça et durant les mois d’avril et mai, près d’une centaine d’ouvriers dont des dizaines de cordistes de deux sociétés distinctes interviennent dans les décombres et sur les structures calcinées, notamment pour la dépose de la toiture et de la charpente.
Au bout de près de deux mois de travaux les salariés apprennent que la majeure partie des structures sur lesquelles ils interviennent contiennent de l’amiante ou sont recouvertes de poussières amiantées.
Durant ces deux mois, il découpent, meulent, déposent, déplacent,… autant de matériaux amiantés sans aucune protection, formation, ni procédure adaptées.
Fin août 2025, l’inspection du travail de Dunkerque a établi un procès verbal établissant les manquements d’Arcelor Mittal et des sociétés sous-traitantes. Ce PV est transmit au parquet de Dunkerque qui décidera des éventuelles suites judiciaires au niveau pénal.
L’ensemble des salariés ayant travaillé dans cette zone au cours de cette période ont donc été exposés à une quantité importante de fibres d’amiantes. Pour rappel, la particularité de l’exposition à l’amiante est qu’elle ne présente pas de dose seuil en dessous de la laquelle il serait certain de ne pas développer de pathologie. Ainsi, même quelques fibres d’amiantes peuvent, plusieurs années après, déclencher des pathologies graves dont des cancers.
À ce titre, et depuis près de 15 ans, la jurisprudence est extrêmement favorable pour les victimes de telles expositions en leur permettant de reconnaître un préjudice dit d’anxiété, du fait de devoir vivre toute sa vie avec pour épée de Damoclès le risque d’un jour développer une pathologie.
Plusieurs collègues concernés s’apprêtent à saisir le conseil des prud’hommes de Dunkerque pour demander réparation. Ils sont accompagnés par un cabinet d’avocat spécialisé et l’association ARDEVA basée sur Dunkerque. Le dossier à déposer est simple et vous n’auraient pas de frais d’avocat à avancer (honoraires sur un pourcentage de l’indemnité que vous obtiendrez).
SI VOUS FAÎTES PARTI DES CORDISTES EXPOSÉS sur ce chantier, c’est le moment ou jamais de vous joindre à cette procédure et obtenir réparation. En effet, vous avez DEUX ANS pour lancer la procédure à compté du moment où vous avez été informés (remise de la fiche d’exposition, ou réception du courrier de l’inspection du travail). Pour certains, ce délai arrivent à échéances dans les jours et semaines à venir ! À noter que la procédure sera dirigée uniquement contre Arcelor Mittal et non pas contre vos employeurs.
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Pour toute information et/ou engager cette procédure, CONTACTEZ DONC AU PLUS VITE :
• L’association ARDEVA de Dunkerque :
03.28.51.16.87 / ardeva5962@orange.fr
• L’association Cordistes en colère, cordistes solidaires :
06 14 70 89 32 / contact@cordistesencolere.fr
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De telle exposition ne sont malheureusement pas isolés dans le quotidien des chantiers.
Pour une fois, tout est facilité pour obtenir réparation et rappeler que ces manquements ont des conséquences graves qui ne peuvent être banalisées !
Alors aucune hésitation à avoir, défendons nos droits !
Mais ?! On est en septembre, ils sont à la bourre ces cordistes en colère et solidaires ! Et oui, à la bourre sur tout les amis. Mais toujours combatifs, et sur tous les fronts à la fois en réalité. L’année 2025 a débuté sur les chapeaux de roues et a poursuivi sur sa lancée sans discontinuer. Procès de l’accident d’Adrien (Sud Acrobatic) à la Cour d’appel de Montpellier, dès le 10 janvier. Procès de l’accident ayant coûté la vie à Régis (CAN) au tribunal correctionnel de Grasse, en mars. Celui de l’accident de Quentin (CAN encore…) au tribunal correctionnel de Bourg-en-Bresse, en juin. Puis celui d’un autre collègue encore accidenté à la CAN devant le Pôle sociale de Valence (plus d’infos à venir), aussi au mois de juin…
Tout ça faisait suite à 2024, également bien chargée avec le procès CAPRAL en décembre, le procès de l’accident de Théo chez Altitude construction en novembre (des nouvelles viendront bientôt) et une énième audience pour Fanny, compagne de Vincent décédé au côté d’Arthur il y a maintenant 13 ans sous des tonnes de sucre d’un silo de Cristal Union. Mais 2024 c’était surtout une hécatombe… quatre collègues qui perdaient la vie : Philippe, Marc, Iason et Chérif…
Sans compter également les accompagnements du quotidien, avec des collègues qui se relaient chaque mois pour tenir la permanence téléphonique de l’association, en se donnant pour mission d’écouter, rassurer, encourager, conseiller et accompagner les multiples collègues confrontés aux bassesses et à la dureté implacable du monde du travail.
« Désormais quand il y a une grève France, plus personne de s’en aperçoit », essayait de se convaincre Nicolas Sarkozy en 2007. Mais plus que de s’en convaincre, lui comme ses successeurs et prédécesseurs se seront attachés décennie après décennie à démanteler, diviser, segmentariser, le monde du travail pour faire la peau à toute forme de collectif de travailleurs et travailleuses. Depuis que le syndicalisme est apparu dans l’histoire du monde ouvrier il y a bien plus d’un siècle, ses formes n’ont cessé de bouger et de se ré-inventer pour faire face aux incessantes modifications des conditions de travail. Sous-traitance, intérim, développement de l’auto-entrepreneuriat, ubérisation, filialisation, … Celles et ceux qui dans ce monde n’ont pour vivre que leur force de travail à vendre, ne sont pas au bout de leurs peines ni de leurs surprises. Pour ce mois de mai 2025, la revue L’âge de faire consacre un dossier entier sur la question des nouvelles formes de syndicalismes. Dans ce cadre, et armée de nombreuses questions, une camarade de la revue était venue à notre rencontre à l’occasion de l’AG annuelle des cordistes, qui s’est tenue en janvier à Lille.
Ci-dessus son papier au sujet de la lutte des travailleuses et travailleurs cordistes.
« Les travailleurs reçoivent une formation adéquate et spécifique aux opérations envisagées et aux procédures de sauvetage. » Art. R4323-89 du code du travail
« La formation à la sécurité dont bénéficient les travailleurs chargés de l’utilisation ou de la maintenance des équipements de travail est renouvelée et complétée aussi souvent que nécessaire pour prendre en compte les évolutions de ces équipements. » Art. R4323-3 du code du travail
Qui dans son entreprise bénéficie d’une journée organisée et encadrée pour recycler nos formations cordistes? Combien d’entre nous avons eu le MAC de financé? Et si oui, depuis combien de temps? Lorsque nos patrons respecteront leurs obligations, on trouvera bien d’autres choses à faire quand on se retrouve entre ouvrières et ouvriers cordistes. En attendant, quand ça fait des mois, voire des années, qu’on a n’a pas pratiqué les exercices même basiques de sauvetage sur cordes, les gestes et automatismes se font lointains. Et le jour où ils pourraient être nécessaires, arriverait-on à être à la hauteur? Impensable d’imaginer le contraire et se trouver spectateur impuissant du drame d’un collègue. Alors, les 12 avril et 18 mai se sont tenues deux journées de révision des techniques simples de sauvetage sur cordes. Dans les calanques à Marseille. Et à Toulouse. À chaque fois, s’est suivi un repas partagé et une réu locale pour évoquer nos conditions de travail, envisager les manières d’y faire face.
Clairement on s’en lassera pas! À quand et où la prochaine?
Ces deux journées en images dans l’article complet ↓
C’est reparti, une autre équipe organise une journée secours sur corde et échanges autour de nos conditions de travail. Cette fois-ci ça se passera ce dimanche 18 mai à Toulouse.
Au programme : révision des techniques simples de sauvetage sur cordes le matin, un repas partagé, puis l’après-midi réunion locale cordistes avec deux thèmes de discussion : la question du sexisme au travail & les risques spécifiques selon les chantiers.
Pense à prendre ton casque + ton kit si tu en as un.
On organise une journée secours sur corde et échanges autour de nos conditions de travail le samedi 12 avril dans les calanques à Marseille.
Au programme : pratique des secours le matin, un repas partagé, puis échanges sur les actus de la profession et nos conditions de travail l’après-midi.