Travailler suspendu·e au bout d’une corde n’est pas anodin, et iels entendent le faire savoir. Jeudi 13 janvier, une dizaine de cordistes se réunissaient dans un bar du 20ème arrondissement parisien, à l’appel du collectif Cordistes en colère. Droit du travail, sous-traitance et accidents dramatiques : une profession à risque qui cherche à s’organiser pour défendre ses droits. Radio Parleur leur a tendu le micro
Nos invité‧e‧s :
> Charles Lanza est cordiste en activité depuis dix-sept ans. Il est également Opérateur et Formateur en travaux sur cordes, et instructeur professionnel certifié IRATA 3. Il est membre de l’association Cordistes en colère, cordistes solidaires
> Solène Jarnot est intermittente du spectacle et cordiste depuis deux ans.
> Grégory Molina est cordiste en activité à Paris depuis six ans, il est l’un des fondateurs de l’association Cordistes en colère, cordistes solidaires
Animation : Tristan Goldbronn. Co-animation : Elin Casse.
Production : Elin Casse. Réalisation : Tristan Goldbronn et Elin Casse.
« Régis, mort au travail : la situation dramatique des cordistes« , le documentaire de France Timmermans et Franck Dépretz,
19 min., Blast, le 17/11/2021
ARTICLE / ENQUÊTE
Le dernier chantier de Régis, cordiste, mort sur le coup Par Franck Dépretz, journaliste indépendant, publié le 17/11/2021 sur BLAST
Régis Brugière de Barante était un cordiste chevronné, mais la mission qui lui a coûté la vie le 27 août 2018 n’avait rien à voir avec les travaux sur cordes. « Pionnière » dans ce domaine, son entreprise l’avait envoyé fragmenter des roches avec des cartouches pyrotechniques sans qu’il n’ait reçu la formation obligatoire pour les manipuler. Pas suffisamment à distance de l’explosion, un éclat de roche fatal l’a frappé à la tête. Ce jeune papa de 38 ans a rejoint la longue liste – pour une si petite profession – des 26 cordistes morts au travail, recensés depuis 2006 par l’association Cordistes en colère, cordistes solidaires. Troisième volet de notre enquête sur les cordistes, une profession hautement mortelle.
« Un gamin qui meurt au fond d’un silo, personne n’en parle »
L’invisibilité des accidents du travail dans les médias Arrêt sur Images, 27 octobre 2021
Un livreur Uber circulant à scooter meurt percuté par un conducteur qui a pris la fuite, lundi 25 octobre à Lille, rapporte « La Voix du Nord ». La même journée, c’est un intérimaire de 18 ans qui décède dans un abattoir à Lanfains, dans les Côtes-d’Armor : il s’est retrouvé coincé sous une cuve contenant des centaines de kilos de poulets, selon « Ouest France ». Samedi 23 octobre, un ouvrier de 28 ans meurt sur le chantier d’un immeuble en construction à Pleurtuit, en Ille-et-Vilaine : la dalle en béton d’un balcon s’est effondrée sur lui, selon France Bleu Armorique. En l’espace de trois jours seulement, ces travailleurs sont morts dans l’exercice de leur activité professionnelle. Mais il y a de grandes chances que vous n’en ayez pas entendu parler. Les accidents du travail sont ignorés dans les médias, ou alors abordés en quelques lignes, souvent dans la seule presse locale. Pourquoi une telle invisibilité ? Pour y répondre, trois invités : Philippe Poutou, porte-parole du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), ancien ouvrier chez Ford à Blanquefort, candidat NPA à l’élection présidentielle de 2022 ; Véronique Daubas-Letourneux, sociologue du travail, enseignante à l’École des Hautes études en santé publique et spécialiste des questions de santé au travail ; et Éric Louis, ancien cordiste, cofondateur de l’association Cordistes en colère, cordistes solidaires, fondée à la suite de la mort d’un de ses collègues, Quentin Zaraoui-Bruat, en juin 2017, enseveli dans un silo de céréales. […]
À lire aussi : «Le sujet des accidents du travail est invisibilisé», Interview de Véronique Daubas-Letourneux autrice du livre « Accidents du travail, des morts et des blessés invisibles », Médiapart, le 27/10/2021
Récit de l’accident de travail de Jean-marc Villeneuve-loubet (06), février 2015 (SARL Alpes azur aventures)
En février 2015, Jean-marc travaille comme cordiste à la maintenance du « Bois des lutins », un parc de loisir situé à Villeneuve-Loubet, dans les Alpes-Maritimes. Le 13 février, il fait une chute de 7 mètres au moment où il engage sa descente depuis une cabane dans les arbres. Pour une raison inconnue, le descendeur n’a pas assuré sa fonction de freinage. Ne travaillant que sur une seule corde, aucun système d’arrêt des chutes ne l’a retenu. Il heurte violemment le sol sur le dos. Ce qui lui provoque de multiple fractures à la colonne vertébrale.
Quand des ouvriers cordistes viennent vous poser la question…
ERGOS Intérim et la SETT PACA
répondent sur la fourniture des EPI et le paiement des IGD Le vendredi 21 février (récit de la journée), cinq cordistes et une collègue vidéaste faisaient le tour de quelques employeurs* de la région de Marseille. Cinq cordistes du groupe marseillais de l’association Cordistes en colère, Cordistes solidaires. Cinq cordistes à avoir pris un jour de congé pour l’occasion. Et l’occasion en valait la peine… L’idée principale était de faire suite au courrier de rappel des obligations employeurs envoyé à près de 800 entreprises début février. Un courrier qui venait rappeler leurs obligations en termes de fourniture des EPI et de paiement des indemnités de grand déplacement (IGD).
Le procès au TGI Reims de l’accident qui avait coûté la vie à Quentin, cordiste.
Un faux procès scandaleux !
Interview d’Eric Louis, (animateur de l’association Cordistes en colère, Cordistes solidaires).
Le délibéré sera rendu le 6 décembre prochain.
ÉGRÉGORE– Émission hebdomadaire sur Radio Primitive – Reims
Interview d’Eric Louis, (animateur de l’association Cordistes en colère, Cordistes solidaires) au sujet du procès d’un accident du travail d’un cordiste, Quentin, décédé le 21 juin 2017, sur le site de Bazancourt de l’entreprise Cristanol (groupe Cristal Union). Ce procès doit se tenir vendredi 4 octobre à 9h au TGI de Reims.
ÉGRÉGORE– Émission hebdomadaire sur Radio Primitive – Reims
Le 11 janvier 2019, se tenait au tribunal de Reims le procès de l’accident mortel d’Arthur B. et Vincent D.
Vendredi 1er mars, le délibéré a été rendu.
Les 4 défendeurs sont déclarés coupables d’homicides involontaires et de manquements aux obligations de sécurité. La condamnation suit de près les réquisitions du procureur, à la différence près que Cristal Union et Carrad Services écopent exactement de la même peine. Reconnaissant ainsi la responsabilité partagée de ces deux sociétés.
Cristal Union et Carrard Services, en tant que personnes morales sont condamnées à 100.000€ d’amende, publication du jugement dans les Échos et le Moniteur et affichage à l’entrée des deux sites (Taissy et Bazancourt) , ainsi qu’une mise sous surveillance judiciaire des deux entreprises pour une durée de 2 ans. Michel Mangion et David Duval, en tant que chefs d’établissements sont eux condamnés à 6 mois de prison avec sursis et 15.000€ d’amende (contrairement au 8 et 12 mois requis en janvier dernier).
D’ici 12 à 15 mois, une nouvelle audience au Tribunal des Affaires de la Sécurité Sociale déterminera les dommages et intérêts à verser aux familles et proches d’Arthur et Vincent.
Cinq ans avant l’accident mortel, en 2017, de Quentin Zaroui-Bruat – raconté il y a peu par Basta ! – deux autres cordistes, Arthur Bertelli et Vincent Dequin, 23 et 33 ans, mourraient dans des conditions similaires, ensevelis sous des tonnes de matière dans les silos du géant sucrier Cristal union. Après sept ans d’une instruction interminable, le procès s’est déroulé le 11 janvier, à Reims. Un moment décisif pour une profession frappée par la course au rendement. L’association des « cordistes en colère » en a également profité pour tenir son premier week-end de rencontres, avec un mot d’ordre : « Stop aux accidents mortels ». Récit et témoignages, en texte et vidéos. Continuer la lecture de « PRESSE – Au procès de Cristal union, jugé pour deux accidents mortels : « Ils ont essayé de rejeter la faute sur les cordistes » »