RADIO – Résistances des cordistes contre des conditions de travail inacceptables

En mai dernier, plusieurs cordistes, dont Thibaud et Ekaterina ont travaillé sur la tour Hekla dans le quartier de la défense, dans des conditions de travail indignes : matériel non fourni, mesures de sécurité non assurés. Face à ces conditions, ils font valoir leur droit de retrait. Plusieurs mois plus tard, au moment de recevoir leur paie, celle ci est amputée de nombreuses heures de travail effectués.

Micros Rebelles a interviewé Grégory Molina, membre et co-fondateur des cordistes en colères, cordistes solidaires, association qui a suivi et soutenu ces deux travailleur et travailleuse. Il nous parle des conditions de travail au sein de cette profession qui comptabilise près de 10 000 personnes en France.

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UN JOUR J’IRAI LÀ-HAUT – Livre disponible et tournée de présentation

Un jour, j’irai là-haut !
Éric Louis, éditions le Cordiste en colère, 2023, 80 p.
7€ en soutien à l’association (+3€ de frais de port)

« L’association Cordistes en colère cordistes solidaires, c’est la lutte au quotidien. La lutte pour de meilleures conditions de travail. La lutte pour ne pas y perdre sa santé, encore moins sa vie.
Depuis cinq ans, des dizaines de travailleuses et travailleurs cordistes nous sollicitent.
Ensemble, nous nous battons pour leurs droits.
Pour nos droits. Peut-être davantage pour la dignité. Et la justice.
Au-delà, nous menons également une lutte de classes. Une confrontation permanente avec nos patrons, étonnés de voir se dresser une poignée de prolos sur la voie royale de la rentabilité, dans ce métier en pleine expansion.
Plutôt qu’un bilan exhaustif et fastidieux, nous livrons ici quelques histoires, celles des combats de Vincent, Karine, Xavier, Jules.
Cordistes floués, blessés.
Des récits de chair et d’espoir. »

Un deuxième bouquin édité par l’association :

En 2019, paraissait Chroniques sur cordes. Le bouquin 100 % prolo.
Il s’est écoulé à plus de 1500 exemplaires.
On se promettait de réitérer l’expérience. Et puis, le covid, les luttes, nos innombrables actions, les morts qui malheureusement succèdent les unes aux autres…
Le projet a repointé le bout de son nez en tout début d’année. Et devant la charge de notre emploi du temps, a été gentiment posé sur un coin d’étagère. On verrait plus tard.
Un jour, il a rejailli. Au début de l’été. Comme une urgence. Un impératif. Avec cet objectif un peu fou : paraître à la rentrée.
Les délais ont été tenus. Les 2000 exemplaires du livre sont sont sortis des presses et nous ont été livrés début septembre. Il ne restait plus qu’à annoncer sa sortie. Voilà chose faite !

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PRESSE – L’HUMANITÉ : À 220 mètres de haut, on ne joue pas avec la vie de ses salariés

Paru le 29 octobre 2023 dans L’Humanité

BÂTIMENT : L’entreprise Cabestan est dans le viseur de l’association Cordistes en colère cordistes solidaires, pour mauvaises conditions de travail et absence de paiements de ses intérimaires. Plusieurs cordistes témoignent.

Manque d’équipement, absence d’accès à l’eau, fin de mission précoce, erreurs importantes sur les fiches de paye… L’entreprise Cabestan récolte depuis plusieurs années la méfiance des cordistes intérimaires ayant travaillé pour elle, sur de nombreux projets.
« Ça fait des années que nous avons des remontées de salariés sur Cabestan. Cette société est connue comme le loup blanc. Les cordistes avec de l’expérience savent qu’il y a des problèmes de sécurité, que ceux qui travaillent pour eux sont méprisés », explique Grégory Molina, de l’association Cordistes en colère cordistes solidaires, suite à la publication de deux articles sur son site, concernant l’entreprise. Des problèmes de sécurité ont été largement notifiés par les intérimaires de Cabestan. Trois cordistes ayant travaillé sur le nettoyage de vitres de la tour Hekla en mai dernier pour le compte de l’entreprise ont décidé de témoigner auprès de l’Humanité.

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Avec l’entreprise Cabestan : des conditions de travail éclatantes sur la tour Hekla.

Quelques mois avant

En février 2023, plusieurs agences d’intérim diffusaient la même annonce :

« Recherche pour son client :
6 cordistes qualifiés pour le nettoyage de vitres pour une durée de 2 mois à partir du 23 février à Puteaux. Travail de grande hauteur, 220 mètres. L’intervention consistera en une descente par jour en continu de 8 heures à 16 heures. GD : 51 €/j. Expérience et KIT nécessaires. »

À juste titre, de nombreux cordistes s’étaient immédiatement outrés de telles conditions : EPI fournis par l’intérimaire, et huit heures sans pause suspendu dans un harnais ! Il n’y a que ceux qui ne mettent jamais leur cul dans un baudard qui peuvent imposer de telles conditions…
Après les séries de commentaires incendiaires de collègues, et les mails de l’association adressés directement aux agences d’intérim concernées, ces multiples annonces disparaissaient enfin des réseaux. Six mois plus tard, on ne sait toujours pas quelle est l’entreprise utilisatrice qui s’est permis de proposer un travail à de telles conditions.

…un chantier avec Cabestan sur la Tour Hekla

Mais, dans le courant de l’été, des collègues lésés par la société Cabestan contactent l’association…
En effet, au début de mai 2023, cette société les avait missionnés sur un chantier via diverses agences d’intérim, dont notamment Actrium Évreux GTS, Menco Évreux et Ergos Cordes.
Le chantier en question consiste au nettoyage des vitres de la tour Hekla. Une tour de 220 mètres de hauteur. Située sur la commune de Puteaux, dans le quartier de la Défense… Étranges coïncidences…

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PRESSE – Dans les comptes de Thibaud, cordiste à 3 000 euros par mois : « Un job à la con où tu risques ta vie »

Au travers de cette enquête, Le Parisien donne la parole à Thibaud, un cordiste de 25 ans, afin de comprendre combien touche un cordiste. Quelle part de salaire pour quelle part de primes et indemnités, quelles dépenses, quels frais professionnels engagés, quels systèmes D pour faire des économies sur ces dépenses, que reste t’il à la fin du mois? Et le tout, pour quel travail, quels risques, quelle usure professionnelle, quelle longévité dans la profession ?
Portrait d’un cordiste, qui au travers d’un cas individuel dresse le portrait d’une profession.

Par Marie Campistron, dans le Parisien du 06/10/2023

Après avoir refusé la vie de bureau, Thibaud, 25 ans, travaille désormais suspendu à une corde, au bord des falaises et en haut des immeubles. Un travail d’ouvrier éprouvant et méconnu, parmi les plus dangereux de France.

Avant de faire le grand saut, Thibaud avait quelques images en tête. Celle d’un gars en sueur, casque vissé sur la tête, suspendu dans les airs, le long d’un building vitré. Devenir cordiste promettait une adrénaline, une « expérience physique, à part », selon ses mots. Le constat, douloureux, s’est fait très vite : la profession issue du monde du BTP, n’a rien de la carte postale. « Tu te voyais en haut de la tour Eiffel, mais la vérité, c’est que c’est rarement glorieux. Tu te retrouves à faire des trucs ingrats que personne veut faire ou que t’aurais jamais imaginé faire », résume-t-il. Par exemple ? Débroussailler un talus, sécuriser des falaises au bord de route, ou gratter le fond des silos d’usine…

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RETEX – Quels risques liés au décolmatage d’un silo de ciment ?

Après un chantier de plusieurs semaines dans un silo de ciment, un collègue a rédigé un retour d’expérience pour analyser et alerter sur certains risques mal maîtrisés. Un focus particulier y est donné aux risques d’enlisement et d’ensevelissement.
Le document propose également des mesures correctives qui ont été complétées après échanges dans son entreprise.

Avec l’accord du collègue, nous avons anonymisé ce RETEX afin de pouvoir le partager et faire bénéficier tous les cordistes de ces points d’alerte importants.
Ci-dessous, vous trouverez également d’autres documents de référence sur le risque d’enlisement / ensevelissement, sur la réglementation applicable, et notamment une illustration originale de Greg MISSUD présentant un exemple de procédure de travail en espace confiné.

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NOUVELLE PARUTION: Un jour j’irai là-haut

Un jour, j’irai là-haut !
Éric Louis, éditions le Cordiste en colère, 2023, 80 p.

« L’association Cordistes en colère cordistes solidaires, c’est la lutte au quotidien. La lutte pour de meilleures conditions de travail. La lutte pour ne pas y perdre sa santé, encore moins sa vie.
Depuis cinq ans, des dizaines de travailleuses et travailleurs cordistes nous sollicitent.
Ensemble, nous nous battons pour leurs droits.
Pour nos droits. Peut-être davantage pour la dignité. Et la justice.
Au-delà, nous menons également une lutte de classes. Une confrontation permanente avec nos patrons, étonnés de voir se dresser une poignée de prolos sur la voie royale de la rentabilité, dans ce métier en pleine expansion.
Plutôt qu’un bilan exhaustif et fastidieux, nous livrons ici quelques histoires, celles des combats de Vincent, Karine, Xavier, Jules.
Cordistes floués, blessés.
Des récits de chair et d’espoir. »

Commander le livre ici (pré-vente)
7€ en soutien à l’association
Cordistes en colère, cordistes solidaires

Un deuxième bouquin édité par l’association :

En 2019, paraissait Chroniques sur cordes. Le bouquin 100 % prolo.
Il s’est écoulé à plus de 1500 exemplaires.

On se promettait de réitérer l’expérience. Et puis, le covid, les luttes, nos innombrables actions, les morts qui malheureusement succèdent les unes aux autres… Continuer la lecture de « NOUVELLE PARUTION: Un jour j’irai là-haut »

𝗗𝗲𝘀 𝘁𝗲́𝗺𝗼𝗶𝗴𝗻𝗮𝗴𝗲𝘀 𝗾𝘂𝗶 𝗳𝗼𝗻𝘁 𝗲́𝗰𝗵𝗼𝘀
𝗟𝗘 𝗧𝗥𝗔𝗩𝗔𝗜𝗟 𝗙𝗘́𝗠𝗜𝗡𝗜𝗡 𝗦𝗜𝗡𝗚𝗨𝗟𝗜𝗘𝗥
𝗱𝗲 𝗟𝗶𝗹𝘆 𝗙𝗿𝗮𝗻𝗲𝘆


« […] La force de caractère, la personnalité, la détermination des femmes que j’ai suivies dans leur métier me laissent penser que la marche vers l’égalité, ne va pas de soi. J’ai constaté, tout au long de mon travail, que ces femmes qui ont choisi de faire un métier, jadis réservé aux hommes, ne sont pas au bout de leurs peines. Les lois, les comportements sont encore en retard.

En passant de la chirurgienne à la mécanicienne j’ai été témoin d’une vraie bataille de tous les jours. Les mêmes propos reviennent constamment : « Être sans faille – Pas le droit à l’erreur – Faire toujours deux fois mieux – Être toujours présentable – Encore et encore prouver que l’on est capable de… »

La réalité est là. Les droits des femmes ne sont pas le fruit du hasard. C’est par leur action quotidienne, leurs luttes que les femmes ont obtenu des changements dans les mentalités et les lois. […] »

Extrait du récit de Lily Franey, dans la revue Fragments #6, revue de littérature prolétarienne, à propos de ses multiples reportages photographiques sur le travail féminin dans le monde ouvrier, dont son exposition « Le travail féminin singulier » réalisée en 2005.

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> Le récit de Lily Franey dans le revue Fragments : https://cordistesencolere.noblogs.org/files/2023/08/Fragments_-_Lily_Franey.pdf

> Découvrir le travail de Lily Franey :
https://lilyfraney.fr/

RÉSULTATS – sondage fourniture EPI (2022-2023)

Fin mai, un nouveau sondage était lancé pour connaître l’évolution de la fourniture des EPI pour les cordistes intérimaires.
Le sondage concerne la période de janvier 2022 à mai 2023.
Soit depuis l’entrée en application de la Convention Inter-ETT.
129 cordistes y ont répondu.

LA NON-FOURNITURE DES EPI :
BIENTÔT UNE EXCEPTION ?

En comparaison du sondage de mai 2021, ces résultats montrent une nette évolution. Si en 2019 et même encore en 2021, la fourniture des EPI par les entreprises utilisatrices était une pratique marginale, aujourd’hui ce sont 58,3 % des cordistes ayant répondu au sondage qui disent avoir eu les EPI fournis lors de chacune de leurs missions. À l’inverse et en 2019, 42,9 % des cordistes indiquaient ne jamais travailler avec des EPI fournis par l’EU. Aujourd’hui, ils ne sont plus que 7,1 % dans cette situation. Continuer la lecture de « RÉSULTATS – sondage fourniture EPI (2022-2023) »

PRESSE – Les conditions de travail chez JARNIAS passées au crible de Médiapart

Par Dan Israel
Paru le 8 juillet 2023 sur Médiapart

Notre-Dame, tour Eiffel… : le leader des travaux en hauteur accusé de négliger le sort de ses salariés

L’entreprise Jarnias est en passe de dominer la profession de cordiste en France. Elle intervient sur des chantiers emblématiques et ambitionne de participer « à la montée en professionnalisme » du métier. Mais les reproches de travailleurs se multiplient sur sa manière de les traiter.

Vu depuis le formulaire de déclaration, l’accident du travail qu’a subi le jeune homme de 29 ans, le 3 mai dernier, dans les environs de Concarneau (Finistère), est relativement banal. Il est tombé d’un toit, et les chutes sont l’une des principales causes d’accidents professionnels chaque année. Mais la profession de ce travailleur, la mission qui lui avait été confiée et la manière dont il a été traité par son employeur retiennent l’attention. Continuer la lecture de « PRESSE – Les conditions de travail chez JARNIAS passées au crible de Médiapart »